Pourquoi j’ai choisi une cuisine indépendante (avantages et règles) 6


Depuis toute petite, j’ai toujours préféré manger dans la cuisine. La grande table de cette pièce chaleureuse a toujours été mon repère préféré, du petit-déjeuner au dîner, en passant par la lecture du journal le matin, le déjeuner sur le pouce, le goûter, les devoirs, les discussions tardives autour d’une tisane.

La “salle-à-manger” avec tout ce qu’elle a d’officiel me rebutait, et je n’ai jamais compris cette division à laquelle ma mère tient tant, des fonctions de “manger” et de “cuisiner” : particulièrement le dimanche, ou au dîner, ou lorsqu’elle reçoit. L’accès à la cuisine est alors interdit aux invités. Il faut garder le menu secret jusqu’à ce que les assiettes arrivent sur la table. Les “OOOhhh !”, les “aaaahh!” et les “mmmmm…” seront alors la meilleure chose que ma mère puisse recevoir en retour de tant d’heures passées enfermée à concocter des petites surprises. Pupilles et papilles se devront de deviner leur contenu.

les pâtisseries de ma mère

Cuisiner fait pour moi partie de la fête, et j’aime étirer ce plaisir en annonçant à l’avance à mes invités, ce que j’intentionne de leur préparer. Ainsi, j’ai remarqué qu’une proposition pour une “soirée punch et amuse-gueules”,  un “teppanyaki”, ou même une “soirée vin et fromages” avait bien plus d’impact qu’une “invitation à dîner avec les Dubois”. Pire, je vais parfois jusqu’à décrire la recette et ses ingrédients, et je peux vous assurer que l’effet est garanti : les invités salivent d’avance et la soirée s’annonce déjà sympathique.

Annoncer le menu en même temps que l’invitation permet en plus de se préoccuper des régimes particuliers de chacun (végétarien, vegan, sans gluten, sans porc, allergies alimentaires…) et évite les boulettes et les tensions, en mettant tout de suite à l’aise les convives. J’ai d’ailleurs remarqué que ces derniers apprécient particulièrement cette attention.  En mettant ainsi en avant le repas que l’on va partager, ce sont aussi les rapports hôtes/invités qui sont mis en valeur, et la convivialité est garantie. Plus besoin de s’enfermer. Rien n’est secret, tout se partage : de la préparation à la dégustation.

Alors comment cuisiner ET recevoir dans une cuisine indépendante ? Vous découvrirez dans cet article les avantages d’une cuisine fermée et les solutions pour la rendre conviviale.

Avantages  d’une cuisine “indépendante”

Dans un petit appartement, on ouvre généralement la cuisine sur le séjour “pour donner une sensation d’espace”, lorsque l’on ne supprime pas carrément cette pièce. On la transforme parfois en chambre en se débrouillant alors pour installer un “coin cuisine” dans le salon.

Moi qui aime le côté convivial et ouvert de la cuisine, la logique aurait voulu que j’opte pour une cuisine ouverte, avec un  bel îlot et quelques tabourets. Cette cuisine aurait alors été parfaite lors de nos réceptions, mais impratique au quotidien.

1/ Moins on a de murs, moins on peut mettre de meubles (et vice-versa).

La grande tendance des open spaces est en contradiction totale avec une éternelle demande : du rangement, toujours plus de rangement. En effet, une cuisine ouverte, c’est une cloison en moins. Et la cloison supprimée est souvent celle sur laquelle se trouvait des meubles indispensables, ou la télévision … que l’on ne sait plus où mettre.

Je me suis retrouvée dans le cas d’un salon qui aurait été difficile à agencer, avec tout ce que l’on comptait y mettre :

  • bibliothèque
  • télévision
  • vinyles, et tout le bazar audio
  • bureau de mon Cher-et-Tendre
  • “cabinet de curiosités”
  • console extensible pour accueillir jusqu’à 12 personnes
  • Canapé avec méridienne
  • table basse
  • assise supplémentaire
  • radiateur
  • skateboards
  • tableaux
  • bureau enfants

Le tout, dans 16m² …

 

2/ Le bruit et l’odeur

C’est évidemment la plus grande frayeur de ceux qui décident de sauter le pas en ouvrant leur cuisine sur le séjour. Mais l’attrait de la convivialité est plus fort que tout.

En conservant l’indépendance de ma cuisine, j’ai préféré éviter le bruit du mixeur mélangé à celui de la télévision, la vaisselle, les épluchures, les livres et les vinyles au même endroit … en réalité, j’aime assez segmenter les fonctions.

3/ Une pièce en plus, dans un petit espace.

cuisine ouverte sur terrasse

Contrairement aux idées reçues, lorsque l’on habite une petite surface, cette segmentation de l’espace est indispensable pour donner une sensation de “plus grand”.

Ainsi, en ayant une cuisine ET un salon, vous aurez plus qu’un “séjour/cuisine”. Je reviendrai probablement sur ce point dans un autre article.
Toujours est-il que nous avons souvent apprécié, mon mari, mes enfants, ou moi, pouvoir nous isoler dans cette cuisine de 8.8m² (placards inclus), pour être au calme ou au contraire pouvoir faire du bruit.

Cette pièce indépendante et lumineuse, plein Est, donnant sur une petite terrasse, s’est avérée très agréable pour accueillir :

  • les enfants qui veulent petit-déjeuner le matin pendant que les parents font la grasse mat’ le dimanche,
  • mon fils qui souhaite se concentrer pour apprendre ses leçons
  • le lave-vaisselle ou le sèche-linge qui tournent tranquillement la nuit,
  • mon Cher-et-Tendre qui bricole, lit, ou joue de la guitare,
  • ou moi qui écris, pour changer d’environnement (j’ai également un bureau dans ma chambre).

Autant d’activités qui ont à priori peu de rapports avec celle de cuisiner. Cette cuisine agréable est en réalité devenue la “pièce supplémentaire” de notre T3.

Règles d’une cuisine indépendante pour garantir sa convivialité

1/ Indépendante, mais donnant sur le séjour.

C’est le cauchemar de la ménagère maltraitée par les architectes jusque dans les années 50 (au moins). On y implantait alors la cuisine dans un tout petit espace, dans la partie la moins lumineuse de l’appartement (généralement au Nord), alors que la plus belle vue et la luminosité étaient réservées au salon et à la salle-à-manger, à l’autre bout de l’appartement. La maîtresse de maison n’avait alors qu’à faire ses allers-retours avec sa table roulante pendant que Monsieur recevait au salon.

Comme dans cet appartement où le couple n’arrivait pas à se sentir à l’aise : (vous trouverez le détail des solutions ici)

AVANT

à lire également : faire des travaux dans un appartement déjà rénové : 4 solutions

Les rôles hommes/femmes tendant vers une égalité au sein du foyer, c’est aussi les fonctions cuisine et salon qui se sont géographiquement rapprochées dans l’habitation.

La mitoyenneté de la cuisine et du séjour est aujourd’hui indispensable, et je n’aurais certainement pas conservé l’indépendance de cette pièce si sa porte ne donnait pas sur la pièce de vie principale.

Sur cet autre projet, le couple hésitait entre une cuisine ouverte et une cuisine fermée. Ils se plaignaient de ne même pas pouvoir prendre le petit déjeuner dans la cuisine. En effet, la pièce était meublée sur tous les murs : impossible de mettre une table au milieu sans gêner la circulation. Je leur ai conçu une cuisine hybride : 2 portes coulissantes rentrent dans un galandage et laissent apparaître une cuisine largement ouverte, avec semi-îlot et 2 tabourets. Cette cuisine peut néanmoins retrouver son indépendance du salon en refermant les portes.

cuisine ouverte et cuisine fermée

cuisine indépendante mais ouverte sur séjour

2/ L’espace REPAS : indispensable

Pouvoir manger dans la cuisine est certainement le point auquel je tenais le plus. Alors, même dans une cuisine de 8 m², j’ai tenu à mettre une table. La forme a été dessinée spécifiquement pour la pièce, pour permettre d’accueillir jusqu’à 5 personnes, sans gêner la circulation de la pièce.

table gain de place

Et malgré un salon confortable, j’ai pu constater que nos réceptions se déroulent généralement dans la cuisine !

Même indépendante, la cuisine peut donc être conviviale : à condition d’avoir de quoi s’asseoir et se poser.

Cette table, qui devait être “pour les repas quotidiens”, est aujourd’hui préférée à la console extensible qui transforme notre séjour, et lorsque l’on reçoit un couple d’amis avec enfants, on préfère finalement faire 2 services enfants / parents à la cuisine, que partager le brouhaha de nos chères petites têtes blondes autour d’une grande tablée.

Mais cet espace repas peut aussi se faire à hauteur de plan de travail, et nul besoin d’avoir une cuisine ouverte sur le séjour pour s’offrir un semi-îlot : sur le projet ci-dessous par exemple, un mur porteur séparait la cuisine du séjour. Mais en concevant la cuisine comme si elle était ouverte, elle est devenue le nouveau lieu de réception. Son semi-îlot a permis de rajouter du plan de travail, tout en offrant un espace snack, repas, ou apéro, particulièrement convivial.

cuisine indépendante avec îlot

 

3/ Le petit plus : un accès vers l’extérieur.

Que vous viviez en maison ou en appartement, une porte-fenêtre vers une terrasse ou un jardin sera le gros plus de votre cuisine indépendante. Elle effacera, beaucoup mieux qu’une fenêtre, cette sensation “d’isolement” que peut avoir la cuisine séparée.

cuisine ouverte sur terrasse 2

Je n’avais d’ailleurs pas imaginé, en achetant cet appartement, à quel point nous utiliserions beaucoup plus la petite terrasse sur cour de la cuisine, que le grand balcon sur rue, du salon.

 

4/ Circulation, rangement, fonctionnalités : mêmes règles que pour les cuisines ouvertes

Même fermée, une cuisine se doit aujourd’hui d’être esthétique. Elle est reconnue comme le cœur de la maison. Mais cette esthétique ne peut être visée sans penser avant tout à :

– la praticité des rangements

– la fonctionnalité du plan de travail

– la circulation, pour que plusieurs personnes puissent cuisiner / manger / faire la vaisselle en même temps.

vaisselle à portée des enfants

Je reviendrai plus spécifiquement sur ces règles dans le prochain article, qui sera dédié à l’ergonomie de la cuisine.

 

Et vous, êtes-vous plutôt cuisine ouverte ou cuisine fermée ? Votre témoignage m’intéresse, partagez-le dans les commentaires !

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6 commentaires sur “Pourquoi j’ai choisi une cuisine indépendante (avantages et règles)

  • Lefrancois

    Y’a du génie dans tout ça !
    L’idée de segmenter pour donner une sensation de plus grand volume, c’est tellement vrai et pourtant, généralement, c’est el contraire qu’on fait.
    Bravo !

    • Mailys Auteur du billet

      et oui ! QUand on veut faire des espaces “multi-fonctions” il est important de bien marquer les fonctions pour avoir le confort recherché ! Idem quand on crée un meuble : les meubles “multifonctions” que l’on trouve dans le commerce sont souvent nuls car ils présentent plein de possibilités mais aucune vraiment aboutie. C’est pour ça que j’aime designer aussi du mobilier sur-mesure, toujours multi-fonctionnel.

  • Chantal

    Moi, qui complexais d’avoir une cuisine petite et fermée, voilà que tes explications me rassurent. D’ailleurs, j’ai le projet de fabriquer un meuble multifonctions pour qu’elle soit plus fonctionnelle. Ton article est super ! Merci Maïlys !

    • Mailys Auteur du billet

      super Chantal ! Dans le prochaine article je parlerai plus en détail de ma cuisine ;-) et de certains rangements sur-mesure fabrication maison !

  • Héloïse

    En ce qui me concerne, j’aime les cuisines fermées : pour un aspect visuel déjà (je déteste avoir un aperçu de ma vaisselle ou de mon repas en préparation si je suis tranquillement installée sur mon canapé) et pour une raison tout simplement pratique (le bruit et l’odeur, comme vous le mentionnez justement dans votre billet !).
    Les cuisines ouvertes sont belles… en catalogue ou en magasin. J’adore leur esthétique et le style qu’elles peuvent apporter dans un grand salon/séjour/cuisine/salle-à-manger multifonctions lorsque leur agencement a été pensé et réfléchi en amont. Mais cela ne suffit jamais à combler les deux inconvénients évoqués au-dessus pour moi :-)

  • Marie

    Ce sont exactement les points de réflexion que j’ai pour faire les travaux chez moi. Et je pense aussi comme toi que la cuisine est la pièce centrale de la maison, c’est pourquoi comme l’on vit sur 3 étages de moyenne surface, au lieu de garder un “cuisine-salon” au rez de chaussée j’imaginais mettre la cuisine au rez de chaussée, qui est très lumineux, et le salon au sous sol même s’il est plus sombre….J’ai le sentiment que ton article valide ce que je pensais…!